mars 1, 2024

Bukavu-Festival Amani : ‘‘il y a eu trop peu des femmes qui ont presté que des hommes’’ Joyce Slam

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La Festivalière Joyce Slam, a exprimé son regret sur la question genre tout en encourageant l’équipe organisatrice du Festival Amani pour sa vision d’unification des artistes de la Région des Grands Lacs. Elle s’est exprimée lors d’une interview exclusive avec votre rédaction ce lundi 13 février 2023 à Bukavu.

Belge d’origine Italienne et Burundaise, Joyce Slam du vrai nom Gioia, est un artiste chanteuse vivant à Bujumbura et l’une des invités de la neuvième édition du Festival Amani qui a eu lieu à Bukavu du 10 au 12 février 2023. Elle encourage les jeunes filles artistes à poursuivre leurs objectifs malgré les préjugés et stéréotypes dont elles seraient victimes.

« Je ne vois pas quelle raison physique ou morale qui ferait à ce que l’homme soit sur scène et non la femme. D’ailleurs je regrette beaucoup qu’à ce Festival Amani, il y a eu trop peu de femmes qui ont été programmé que des hommes. Je pense que le programmeur devrait faire beaucoup plus attention à ce genre de chose, parce qu’il y a des artistes féminines, des chanteuses de rappeuses à Bukavu et Goma que je connais.  Les femmes ont eu des pressions sociales et l’habitude d’être jugées, je pense qu’il faut apprendre à laisser les gens critiquer, mais il faut se dire ; je sais ce que je veux et je connais ma propre éthique et continuer à travailler sur ce qui nous tient à cœur. »

Du bon côté du Festival

Elle a félicité les organisateurs qui ont la même vision qu’elle, celle de rassembler sur une même scène des artistes venant de la RDC, du Rwanda et du Burundi.

Personnellement, je trouve que le Festival s’est très bien passé. Les organisateurs ont vraiment de l’expérience au niveau de l’organisation. J’ai aimé leur vision de nous rassembler nous artistes des pays des grands lacs. J’ai toujours vécu au Burundi. Le Burundi seul, c’est petit, moi ce qui m’intéresse, c’est d’aller à la rencontre des artistes à Goma, à Bukavu au Rwanda et voir comment on peut travailler ensemble. Les artistes de Bukavu peuvent aussi venir à Bujumbura pour qu’un autre public les découvre, je ne vois pas ce qui pourrait empêcher cela à part un manque de volonté des organisateurs, programmateurs et ou artistes. Je me suis donc trouvé en accord avec le Festival Amani, » a-t-elle ajouté.

L’artiste communique à travers  son Art

Faire taire les artistes, c’est une atteinte à la liberté d’expression. Alors que l’artiste n’a que son art pour s’exprimer, certains artistes dans certains pays en ont également peur. Alors, une collaboration entre ces artistes avec ceux des autres pays, serait un moyen de s’exprimer.

« A l’heure actuelle, c’est vraiment important de ce que nous les artistes, on peut communiquer ensemble, parce qu’il y a trop de tension dans la société avec les atrocités, les guerres en RDC. Nous les artistes, on est là pour rappeler qu’il y a des responsables et non pas tout un pays, toute une communauté ou une population qu’il faut responsabiliser. On peut se demander pourquoi les artistes Rwandais ne prennent pas beaucoup plus la parole pour dénoncer, mais on se rend compte que certains artistes qui dénoncent disparaissent, d’autres vont en prison. On ne peut pas demander à un jeune de 25 ans de mourir pour pouvoir dénoncer, mais ils ont trouvé une autre manière en collaborant avec d’autres artistes Congolais et Burundais, c’est aussi une manière de s’engager. Le Festival Amani a connu la participation des quelques  artistes Rwandais, mais ont eu des difficultés avec la Police Congolaise dans les rues, ce n’était pas facile pour eux dans le contexte dans lequel nous sommes, mais nous avons partagé la scène, » a-t-elle conclu.

Rappelons que le Festival Amani qui a toujours eu lieu à Goma dans la Province du Nord-Kivu a été délocalisé dans la Province voisine  pour des raisons de sécurité avec la situation de guerre dans cette province.

Divin Cirimwami.    

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