avril 22, 2024

Bukavu : la prison centrale, un double enfer terrestre pour les femmes pendant les règles  

Photo de la prison centrale de Bukavu au Sud-Kivu

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« Les menstruations restent un sujet honteux pour certaines femmes incarcérées « 

A la prison centrale de Bukavu, au delà de vivre l’enfer d’incarcération,  les femmes peinent à avoir les bandes hygiéniques pour leurs règles, manque d’eau et du savon pour faire l’hygiène pendant la menstruation. Ceci ressort d’une enquête menée par la plateforme Youth For Peace DRC (YFP) en collaboration avec l’ONG OPADEC  sur l’hygiène menstruelle chez les femmes détenues.

Au total 47 femmes et jeunes filles ont été enquêtées et ne représentant pas la totalité des femmes détenues, mais répondant aux critères de sélection. Cette étude dresse un état des lieux sur l’attitude et pratiques des femmes incarcérées à la prison centrale de Bukavu et leurs niveaux de compréhension sur les règles menstruelles.

Concernant les connaissances des enquêtées sur les menstrues, 39 femmes sur 47 estimaient que les règles étaient normales alors que 4 pensaient que c’était une punition, 2 femmes estimaient que c’étaient une  maladie et 2 autres ne savaient pourquoi les femmes avaient les règles.

Du traitement des leurs menstrues

Comme l’indique le rapport de l’enquête. Outre, pour la plupart des enquêtées, elles utilisent généralement des absorbant hygiéniques   morceaux des leurs pagnes ou qu’elles ramassent à l’atelier de coupe et couture de la prison centrale. D’autres absorbent le sang des menstrues au travers de leurs sous-vêtements.

La plupart d’entre elles n’ont pas d’absorbant hygiénique de réserve, certaines ont des règles douloureuses qu’elles soulagent par la prise des médicaments. D’autres se changent des absorbants une fois le jour et d’autres quand ils sont pleins ou chauffent. Certaines femmes ont avoué qu’il y a absence d’eau et du savon lorsqu’elles veulent changer ; certaines avaient déjà eu des fuites des règles pour lesquelles elles ont été sujet de moquerie.

Pour ce qui est du séchage des linges hygiéniques, certaines les sèchent sur un fil à l’intérieur de la cellule, d’autres sous le lit et pour d’autres à l’extérieur sous le soleil. Elles estiment ne pas être bien traitées pendant leur période menstruelle.

Pour ces organisations, cette étude a permis aux femmes incarcérées  de briser le silence sur les traumatismes qu’elles subissent de la part de leurs paires, à cause des fuites menstruelles.  Une  étude menée en marge de la célébration internationale de l’hygiène menstruelle, célébrée chaque 28 mai de l’année.

Indiquons qu’en date du 10 juin 2023, une campagne de distributions des kits hygiéniques sera organisée en prolongement de cette enquête.

Divin Cirimwami et Mitterrand Rukozo