avril 21, 2024

Sud-Kivu : quelques mécanismes pour lutter contre le recours à la justice populaire

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L’association des Femmes des Médias, AFEM vient de présenter devant la presse ce 30 juin 2023, les résolutions de l’appropriation politique par les services techniques de l’État pour le suivi de la mise en œuvre de l’édit interdisant le recours à la justice populaire. 

Des résolutions prisent lors d’un atelier stratégique organisé par AFEM avec l’appui de GIZ et qui a réuni le ministère de l’Intérieur, le ministère du genre, le ministère de la Justice et droits humains.

Les participants se sont posé la question de savoir ; quels sont les mécanismes pour l’applicabilité de l’Édit interdisant le recours à la justice populaire au Sud-Kivu, 9 ans après la promulgation de cet édit dans le journal officiel de la province ? Ils ont énoncé quelques propositions, dont notamment :

« Intégrer la culture judiciaire dans le quotidien de la population ;

Domestiquer à la base l’édit portant interdiction de recours à la justice populaire ;

Le professionnalisme dans le chef d’opérateurs judiciaires ;

Restaurer la confiance entre la Justice et les justiciables ;

Approcher la justice des justiciables ;

Développez la pédagogie de responsabilisation citoyenne, chacun contrôle l’autre, le dénonce ;

Nettoyer le secteur du culte et des Églises et contrôler celui-ci ;

Les OPJ doivent être sur terrain, pas forcément dans des bureaux aux fins d’identifier les cas présumés, pour poursuivre les auteurs, instigateurs de cas de justice populaire liée aux fausses accusations des femmes à la sorcellerie ;

Vulgariser l’Édit de 2014 Portant interdiction de recours à la justice populaire et le traduire en langues vernaculaires ;

Éduquer la communauté à ne pas recourir à la justice par la restauration notamment de la confiance interinstitutionnelle ; 

Encourager les initiatives des associations féminines à l’instar de l’Association des femmes des médias, AFEM qui travaillent dans la lutte contre la Justice populaire à l’égard des femmes. « 

Madamme Julienne Baseke Coordinatrice de AFEM, indique par ailleurs que la plupart des victimes sont accusées injustement sans preuves et sont humiliées, dénudés, lynchées et brûlées vives sans aucune assistance des autorités et des communautés.

Pour rappel, AFEM a documenté 97 cas des femmes accusées de sorcellerie dans différents territoires du Sud Kivu et 15 tuées depuis le début de l’année 2023.

Mitterrand Rukozo

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