avril 21, 2024

Sud-Kivu : ce qui est resté des villages de Bushushu et Nyamukubi après la catastrophe du 4 mai, rapport ICAF

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1 185 enfants sont devenus orphelins suites à la récente catastrophe naturelle produite dans les villages de Bushushu et Nyamukubi en territoire de Kalehe au Sud- Kivu. Des eaux des rivières Nyamukubi et Chishova avaient débordées et causant des coulées de boues emportant une grande partie de ces villages le 4 mai 2023. Ceci ressort d’un rapport d’une mission effectuée par Initiatives Communautaires pour l’Appui à la Femme en Afrique, ICAF asbl.

« L’ONG ICAF a réalisé une évaluation des besoins des sinistrés dans les villages de Bushushu et Nyamukubi du 03 au 05 Juillet, afin d’amener des solutions divers interventions (projets), » peut-on lire dans ce rapport

Des résultats obtenus

Les résultats obtenus lors  des Focus Group avec des Femmes et Jeunes Filles, des chefs locaux et autres informateurs clés révèlent ce qui suit :

  • Protection de l’enfance : Lors de nos focus group et divers entretiens, 1185 cas des enfants orphelins nous ont été présenté.
  • Personnes vivant avec handicap : Nous avons pu identifier 104 personnes en situation d’Handicap (66 à Bushushu & 38 à Nyamukubi).
  • Enfant Non Accompagnés ou séparés : Aucun cas n’a été reporté lors de nos focus group et entretiens avec des informateurs clés.
  • VBG : A Bushushu (quartier Chabondo) quelques cas de violences liées au genre (essentiellement les violences faites à la femme) sont signalés aux services auprès des partenaires et aux autorités locales de la manière ci – après : 433 cas des violences conjugales sont identifiés, 327 cas de harcèlement sont identifiés, 101 cas de banditisme sont identifiés.

Lire le rapport entier :ICAF Rapport de la mission d’évaluation des besoins à Kalehe (Bushushu & Nyamukubi

Autres cas de protection Transversale : Signalons que les sinistrés ont déclaré qu’ils sont plutôt victimes des intempéries auxquelles ils sont plus exposés. Dans des familles d’accueil, la déclaration des femmes lors de focus group fait mention du non-respect de leur dignité dans les lieux d’hébergement vu leur promiscuité mêlée des femmes, hommes et enfants en milieu d’accueil. La même situation est observée aux lieux d’aisances (Latrines et douches) non adaptés et insuffisantes dans des familles d’accueil. Ce dernier aspect ne permet pas aux femmes de répondre aisément à leurs besoins intimes en tant que femmes.

En dépit de la catastrophe à Bushushu et Nyamukubi, aucun problème de cohabitation pacifique n’a été rapporté lors de l’évaluation. Cependant, depuis un certain temps, la population de Bukiringi est assistée par les agences de l’ONU, les ONG internationales et d’autres bienfaiteurs. Ceci a fait que les autres populations des villages environnants ont envahi les sites de Bushushu et Nyamukubi afin de profiter gratuitement de la distribution des vivres et non vivres.  Cet état des choses risquerait de compromettre l’enregistrement et d’appuyer éventuellement des vrais sinistrés.

Les observations directes effectuées dans les ménages sinistrés récents montrent une promiscuité aigue et l’absence d’intimité (les enfants et les parents dans un même espace).

En matière de sécurité alimentaire, les sinistrés éprouvent des difficultés. Les personnes sinistrées bénéficient des vivres, par contre les familles d’accueil n’ont bénéficié d’aucune assistance en vivres depuis l’arrivée de la catastrophe naturelle.

Sur 48 bornes fontaines, 8 sont restées devenant ainsi insuffisants. Pour pallier cette situation, de nombreux ménages des personnes sinistrés utilisent également l’eau du lac pour la lessive et parfois pour se baigner et utilisent l’eau des bornes fontaines  qui sont restés comme eau de boisson.

La zone évaluée était couverte par deux structures sanitaires dont 1 centre de santé et 1 poste de santé privé. Le poste de santé a été emporté. Le Centre de Santé de Nyamukubi l’unique structure sanitaire qui reste s’est vu son terrain érodé par la coulée des eaux ne couvre plus les besoins de toute la communauté et d’autres personnes ne savent plus y aller car, ils ont peur de l’état actuel de son terrain. Cette structure sanitaire, selon les sinistrés, continue à manquer des médicaments pour assurer l’administration des soins.

Les intrants nutritionnels ont été distribués au lendemain de la catastrophe et une partie est disponible pour la prise en charge des enfants malnutris.

Le problème d’éducation  se pose de façon cruciale pour les élèves après la catastrophe naturelles. Les  dégâts se présentent de la manière ci-après :

  • A kabushungu 4 écoles (instituts Kanyuri, Bushushu, Chanyi et les EP Mugoa et Mabula) ont été détruite partiellement et une est encerclée par la boue, une école (Institut Nusrsa) est complètement détruite
  • A Nyamukubi 4 écoles (EP. Nyamukubi, EP. Luvungi, EP. Nguliro, institut Chirembera) ont été emportée et la seule école non emportée ou non détruite est l’EP. Buhayire

Rappelons que comme l’institut de Bushushu a été partiellement détruit, l’UNICEF a érigé deux bâches dans la cour de l’école afin de permettre aux enfants de clôturer l’année, les élèves ont refusé d’y entrer car, disaient-ils, que les salles classes avaient servi comme des morgues pour garder les corps sans vies lors de catastrophe. Ils ont quand même passé les examens de la fin de l’année à l’extérieur  pour permettre aux enseignants de clôturer l’année scolaire.

Des Recommandations formulées  

A l’issue de l’évaluation rapide des besoins de protection, d’assistance et appui aux personnes sinistrées des villages de Bushushu et Nyamukubi, il s’avère nécessaire de :

  • une assistance psychosociale en faveur des sinistrés ;
  • Doter les familles des sinistrés la capacité économique à travers les AGR ;
  • Apporter une assistance immédiate en abris d’urgence dans les familles hôtes ;
  • Construire & réhabiliter les écoles ;
  • Equiper les écoles des bancs et matériels didactiques ;
  • Distribuer des objets classiques ;
  • Assurer la protection par la présence ;
  • Construire et réhabiliter les postes de santé et le centre de santé pour les sinistrés et  toute la population ;
  • Mettre en place des projets de création d’activités génératrices de revenus (AGR) et redynamisation des AVEC ;
  • Réhabiliter des points d’eau pour les sinistrés et les familles hôtes ;
  • Organiser des séances de dépistage et de prise en charge de la malnutrition au niveau des enfants malnutris.

Rédaction

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